Partir

Le coeur est lourd, parfois dans la culpabilité, parfois dans la libération, parfois dans l’appréhension, parfois dans la confiance, parfois dans …

En 2015, nous avons fait nos premières vacances en Corse, 15 jours incroyables, en Amoureux, rejoints par des amis la dernière semaine, on a profité de fou. Mon mari est tombé amoureux de cette nature, ce décor. Moi, j’ai toujours aimé visiter, voyager, bouger, j’étais bien, les gens souriants, heureux, j’me sentais comme dans nos voyages : Bien, mais avec un + surement aussi influencée par mon Thib qui était littéralement amoureux !

Thib a commencé à me dire « on devrait venir vivre ici, y’a tout ce qu’on aime, tout ce qu’il nous faut ». On venait d’acheter à Sombernon (un an auparavant), pour être plus proche de mes parents, et là, il me parle de partir vivre sur une île. Alors, oui j’ai toujours dit qu’un jour je partirais, j’avais annoncé très jeune qu’à 18 ans j’irais vivre aux Etats-Unis, j’avais pour projet de partir vivre à Malte, oui, mais là, c’était un rêve que je ne me sentais pas de vivre à ce moment, en 2015. 

Et puis, les années ont passé, les conflits familiaux ont vraiment été plus intensifiés, les déceptions aussi se sont enchainées, on avait tout quitté (nos amis qu’on voyait toutes les semaines pour ne pas dire tous les jours) pour se rapprocher de personnes qu’on ne voyait au final « jamais ». 

NOUS devions aller voir mes parents, et on l’a fait, mais c’était toujours des conflits, des problèmes, des disputes, j’ai commencé à prendre des distances, qui ont engendrées des déceptions de leur côté : comment ça elle prend ses distances alors qu’on est ses parents. 

Oui des parents, mais ce mot ne pardonne pas tout, n’autorise pas tout, et encore moins le manque d’amour et de considération.

Je suis enfin tombée enceinte, j’ai commencé à y aller toutes les semaines pour leur faire plaisir, assurer le rôle qu’ils voulaient que je tienne depuis des années, me disant, « je dois le faire ».

Et ça me faisait plaisir de voir mon père avec Lyanna, ma mère heureuse de la chouchouter, la dorloter.

La réalité aussi, c’est que je me contentais de peu, comme toujours. J’ai pris le moindre moment  avec eux comme un précieux instant à saisir. 

Seulement, j’ai continué de me mettre en difficulté, pour eux. Pensant qu’un jour ils viendraient nous voir à la maison, comme on se l’était imaginé en venant vivre à 1h15 de chez eux.

Mais… ils ne sont pas venus. Je m’y faisais, je prenais ce rythme d’y aller toutes les semaines.

Puis comme chaque déclic, une fatigue trop prenante un jour, et j’ai dit stop…

Quand j’y allais avec Lyanna (et Thib s’il ne bossait pas), nous n’étions pas la priorité. On se retrouvait pour manger, mais le reste du temps je n’avais pas d’aide, ma mère faisait la sieste avec Lyanna, et quand elle se réveillait, je gérais, comme à la maison quoi. Mon bébé dort je bosse, mon bébé est réveillée je suis avec elle.

Donc comme à la maison, je jonglais entre mon bébé, et mon blog. Je me souviens de ce jour là, ce jour où j’ai pris nos affaires et je suis partie de chez eux sur un coup d’énervement.

Lyanna avait 9 mois, elle voulait marcher, j’avais besoin d’avancer sur cet article, sur mes emails.

Et vous savez ce sentiment, quand on n’a pas d’autres solutions, on gère sans se poser de question, mais dès qu’on pense avoir une possibilité annexe on compte dessus, et quand ça n’arrive pas, bah ça nous contrarie, alors que normalement on gère très bien, et c’est fluide, c’est parfait. 

Et bien là, j’avais « besoin » d’eux, et comme d’habitude, ils n’étaient pas là, ils s’occupaient du jardin, du ménage, de bricoler, et pas de passer du temps avec mon enfant pour que je  bosse en journée, et pouvoir me reposer le soir. 

Alors j’me suis demandée : mais pourquoi t’es là, pour qui, ce but de leur faire plaisir est-t-il plus important que ce dont moi j’ai besoin, la difficulté que je me mets de ne pas être chez nous, dans notre environnement, et sereine car c’est mon quotidien de tout gérer de front. 

Ce jour là, c’était de trop, toujours pas d’aide, j’y passais une vie, alors autant être chez nous, dans notre environnement, adapté à Lyanna, avec son papa qui lui me permettait de vraies heures à travailler pendant sa pause, son papa qui voulait la voir, qui était triste de ne pas nous retrouver en rentrant de ses tournées.

J’étais mieux, plus heureuse, pas agacée avec ma Lyanna seule à la maison, que chez mes parents, à penser qu’ils seraient là pour « m’aider ». 

Je n’avais pas besoin d’aides, car je gérais très bien seule, mais vous voyez ce que je veux dire, quand on s’imagine avoir quelques heures pour bosser en plus et qui vont nous permettre d’avoir plus de temps avec son enfant en rentrant. Bref, je n’ai jamais connu ça, et même si je m’en fous, quand tu fais tous les efforts pour leur montrer que tu tiens ce rôle qu’ils voulaient que tu aies, et bien à un moment, tu dis Stop.

Les années ont continué de passer, ils ont continué à ne pas venir, ma mère promettant à chaque fois de venir la semaine qui suivait, d’instaurer un rituel pour venir, mais QUE NENNI.

2019, on essaye d’avoir Nathaël, et j’en pouvais plus du traitement, des déceptions de ce test négatif, j’ai des collaborations voyages qui se planifient, dont une en Corse, surprise pour Thib, on partira en mai.. 

Entre temps (en avril), j’emmène mes parents dans ma collaboration de deux semaines au Mexique. 

Première vraies vacances avec eux de ma vie, avion, hôtels, visites, 2 semaines incroyables. De rires, de bonnes humeurs, 2 semaines à se découvrir autrement. Mon père détente, présent, souriant ! Ce fût une révélation dans mon coeur, le Morvan le détruit, il vit dans le passé, c’est vraiment ce qui le fout en l’air et il ne l’admettra jamais, car il vit la vie que ses parents lui ont encré qu’il devra vivre pour qu’ils soient fiers de lui. Cette fierté qu’il aura attendu toute  sa vie, en vain, car ils sont partis les deux sans jamais lui dire qu’ils l’aimaient, et encore moins qu’ils l’aimaient pour ce qu’il était, lui. Ils l’ont détruit !

Voilà Mai 2019… enceinte de bébé Nathaël, nous arrivons en Corse. Pourtant c’était pas la plus belle semaine niveau météo, mais Thib, amoureux, m’en reparle : « Mary, viens on vient vivre ici ».. J’ai dit, OUI, pourquoi ? Au fond de moi, je sais… j’espère… retrouver la relation de ces deux semaines au Mexique. Être dans un lieu de vacances, et retrouver un papa détendu quand il viendra. Et peut-être même nous suivra…

J’ai pris conscience qu’à Sombernon, ils (mon papa et ma maman) ne viendraient pas, en 5 ans ils n’étaient (pratiquement) pas venu, alors pourquoi ça changerait ? Je me débrouille seule, tout le temps, pas de grands-parents pour m’aider si j’suis crevée, même au bord d’aller aux urgences ils ne sont pas là, plus nos amis à côté, pas de rencontre ici car nous voyagions énormément donc pas le temps pour créer vraiment des amitiés (puis faut avouer que les Dijonnais, pardon mais… plus fermés cela n’existe pas). 

Qu’est ce qui nous retenait au fond ? Juste la crainte de partir loin et qu’il nous en veuille, arf, non, il comprendra… OU pas. Mais dans tous les cas ici, rien ne changera, alors autant partir vivre la vie qui nous fait rêver, moi de partir, Thib de vivre en Corse. Alors partons vivre en Corse ^^

Je ne suis pas de ceux qui ont des projets juste pour parler, quand j’ai un truc en tête, j’y vais. Puis quoi, ce n’est pas brûler notre passeport et ne jamais rentrer (métaphore puisqu’on reste en France hein, donc on retourne sur le continent quand on veut et sans passeport lol). 

J’ai dit oui pour aller y vivre, le cadre pour nos enfants, la qualité de vie, le rêve de mon mari. Il subissait depuis des années des conflits dont il n’a jamais fait parti, des conflits que dans sa famille on aurait jamais eu. Si demain je lui demandais d’aller dans un trou en pleine forêt, ou dans un appart à New York/Paris, il le ferait même si c’était le pire endroit pour lui, pour moi il le ferait. Alors c’est oui, et c’est maintenant…

Maintenant ? Oui : appel au comptable, recherches de maisons, de terrains, et nous y voilà, annonçant qu’on a trouvé celui qui nous plaisait et qu’on s’était positionné. 

Le regard de mon père s’est fermé, et à ce jour, il ne l’a toujours pas réouvert. 2 ans pour s’y préparer mais rien. Les conflits n’ont jamais cessé, parfois atténué, parfois été de plus belles, malgré nos distances, malgré nos « c’est bon y’en a assez ». Malgré un nouveau Noël à pleurer…

J’ai une famille qui vit dans le conflit, elle a beaucoup souffert dans le passé par leur propre parents, n’élevant pas leurs enfants dans la bienveillance, rabaissant, faisant du mal, des secrets inutiles et du coup blessants.

J’ai toujours su que je serais différente, et je leur ai toujours dit… J’ai toujours été moi, avec mon caractère, pas froid aux yeux, disant merde s’il le fallait, mais suivant toujours les règles importantes où on m’attendait, qu’on m’avait inculquées. J’ai toujours su prendre le chemin de mon coeur, même s’il ne faisait pas partie de ce qu’on voulait m’imposer.

Je me souviens, ma première rébellion, j’étais assez jeune, peut-être 13 ans, on avait des copains qui venaient chaque été dans le Morvan, on était une petite bande de blonds, on passait toutes nos journées ensemble, baignades, vélos, bataille de boue, pétanque, rivière, barrages. Quand ils étaient là, on était qu’avec eux. On s’éclatait TROP ! C’était ouf !

Mais c’était pas des l’oeil de ma tante et ma cousine, on s’amusait trop, et sans elles. C’est clair de ouf, mais elles sont la base même des conflits familiaux, toujours à dire du mal des gens, on ne jouait pas, on les écoutait critiquer tout ceux qu’on connaissait ou alors entendre que j’avais de grosses cuisses (j’ai toujours fait un XS), ou que j’allais finir par grave grossir vu tout ce que je mangeais (j’ai toujours fait beaucoup d’activités sportives), ou encore qu’il fallait que je prenne exemple sur ma cousine très centrée sur les études, pas de makeup, et en jogging toute la journée, désolée mais moi, j’étais cette ado, qui travaillait à l’école ce qu’il fallait pour passer en classe supérieure, mais qui n’était pas une fada des bouquins à les bouffer toute la journée, j’aimais les petits hauts, le trait noir comme les copines, et même j’avais aussi le ticket de métro !

Ah ça oui, moi, Maryline 13 ans j’allais vivre pleinement. 

Pourtant, j’ai fait l’amour pour la première fois à presque 19 ans, par amour pour ce mec, et à 20 ans je me mettais avec l’homme de ma vie, mon mari, père de mes enfants. Des relations (amoureuse/sexuelle) j’en ai eu que deux dont Thib, et pourtant, je sortais tout le temps. 

Cet été là, ma tante a dit à mon père que j’avais ce fameux ticket de métro… Si vous saviez ce repas, atroce ! Oui les poils ça me gêne, mes copines avaient ça, j’avais fait ça, sans aucune idée derrière. J’ai crié ce jour là, et j’ai fini par pleurer en lui disant « je ne serai jamais « elle », je suis moi, et ça sera comme ça ». Ma maman avait eu les larmes aux yeux m’entendant dire ça, c’était au fond ce qu’elle me souhaitait : d’être moi. 

Il le savait, c’était dit « je serai MOI, et rien ne changera celle que j’avais envie d’être » : LIBRE, pas dans leurs cases pré-faites de ce qu’il faut faire pour réussir et être « heureuse », quand je vois leur réaction au bonheur, putain j’ai eu le nez fin à 13 ans…

J’ai redoublé, oui, deux fois, j’ai été jusqu’en licence avec mention, je suis sortie des centaines et des centaines de fois, et j’ai jamais couché pour un soir, je n’ai jamais embrassé un mec en boite comme ça, j’ai pris des cuites de fou et je suis toujours rentrée avec des personnes de confiances, je n’ai jamais touché à la drogue, j’avais beaucoup de potes hommes et je n’ai jamais été leur “Marie couche toi là ». J’me suis mise avec Thib, le premier que je présentais, et pour donner une chance à notre relation j’ai quitté mon boulot d’été pour qu’on soit un maximum ensemble avant nos vacances en décalées, chose impensable pour mon père, quitter un travail pour un mec (qui plus est un boulot hyper prisé, où j’avais passé un max d’entretien car tout le lycée postulait chez Senoble pour se faire un max de blé mdr), ouais mais c’était MON MEC, le bon. Je l’ai toujours su.

On s’est mariés, on a acheté notre maison proche d’eux comme ils le voulaient, on a eu nos enfants, on s’est débrouillés.

J’ai été validée après mes études dans la banque où j’étais en alternance, puis j’ai été harcelée deux fois, j’ai tout mis en stand-by pour me consacrer à ma fille, oui j’étais femme au foyer aussi, même si je travaillais sur le blog à chaque minute de libre… Comment, après avoir eu une licence, pourquoi faire ça (être heureuse ?), écrire sur un blog, pour faire quoi ? Faire des stories, et parler à qui ? Puis j’ai fini par écrire un livre, puis deux, puis 3, sortir mon agenda, ouvrir deux sociétés. 

Je suis sortie des cases qu’on avait prévues pour moi. J’en ai fait qu’avec mon coeur, mon envie, ma passion, en amour comme au travail.

J’ai toujours été droite, mais j’ai toujours eu cette voix en moi qui me disait « bats toi pour ce que tu veux toi, va là où tu sens que tu seras heureuse ». 

Mon papa m’a souvent dit (truc débile que ces parents lui disaient, et m’ont déjà dit quand j’étais enfant) : tu verras plus tard, tu seras bien contente de récupérer l’héritage. 

C’est une phrase que mes grands parents paternels disaient souvent, et un jour, ma grand-mère  paternelle m’a dit « pourquoi tu vas toujours chez ta grand mère de Montpensy, le jour où elle va mourir, elle ne te laissera rien, elle n’a rien ». Ah ça c’est sûr, matériellement elle n’avait rien, mais elle m’a tellement donné en geste d’amour, elle m’a appris à faire du vélo, elle m’emmenait mes repas dans la cabane des chat dehors, elle faisait la sieste avec moi. Elle avait bien plus qu’eux, elle avait de l’amour en elle.

Bref, mon père ayant toujours entendu ça, répète bêtement cette phrase, et aujourd’hui, encore plus qu’avant, je suis fière de pouvoir lui répondre « je n’en ai pas besoin, si je viens c’est par amour, si j’viens pas c’est parce que tu m’as gonflé » ! Je n’attends rien de toi à part des preuves d’amour, une présence. 

Et un jour je lui ai demandé, mais quand papi et mamie te disaient ça, tu te disais quoi ? Tu t’intéressais à leur argent ? Il m’a dit ce que j’attendais « Oh non, j’attendais juste qu’ils m’aiment ». OUI PAPA NOUS AUSSI, c’est la seule chose qu’on attend.

Bon attention, il nous aime, on le sait, mais il se complait à aimer comme eux, donc à aimer mal (quoi qu’eux, vraiment, ne s’aimaient qu’eux).

Mon papa, il a beaucoup souffert, il a choisi le chemin « j’ai tout donné à mes parents, maintenant c’est à mes enfants de tout me donner ». Seulement, et ça je vous l’ai déjà dit, moi, j’ai décidé de casser cette connerie, et de tout donner à mes enfants, c’est eux qui ont besoin de ma protection, mon amour inconditionnel, les souvenirs avec moi/nous. Mes enfants… 

Bref, je m’égare, surement, encore, toujours, mais voilà, j’ai subi beaucoup de choses (manque de preuves d’amour, de moments privilégiés, manque de présence), j’ai subi l’injustice, l’ignorance, le silence, le rabaissement, j’ai subi … émotionnellement, j’ai vraiment pris cher, très cher. Il ne s’en rend même pas compte, il pleure de me savoir partir, il en veut à Thib. Mais si vous saviez le nombre de fois où Thib m’a ramassé en pleurs, vraiment en pleurs d’être blessée émotionnellement, sentimentalement. Ces fois, je ne les compte même plus, je les visualise, mais je ne les compte plus.

Mon papa n’arrive pas à voir le bon chez les individus, il souffre, s’interdit d’aimer, il préfère ne pas voir Lyanna pour ne pas s’accrocher trop, alors qu’il l’aime incroyablement. Il est meurtri, il a été détruit, et n’a jamais trouvé la force en lui de se reconstruire, il s’attèle encore de vivre une vie, qu’il essaye d’aimer, pour avoir un jour la fierté d’eux là haut. Quelle vie…

Il redira toujours ce qu’il a entendu, sans fondement, il est fier de moi, mais ne le dit pas vraiment, pas à moi (quoi que cette dernière année, il a dû vraiment être fier car ça se lisait dans ses yeux). 

Au fond, je suis celle qu’il aurait voulu être, je le sais, droite comme lui, fonceuse comme lui, débrouillarde comme lui, avec un caractère fort comme lui, mais moi j’ai su lui dire merde et partir, et ça, il n’aura jamais réussi. Même encore maintenant, il vit dans leur ombre…

Alors voilà, je pars, je ne m’enfuis pas (un peu), je vole. Je l’aime (les aime) mais je pars… J’estime avoir fait tout ce qu’un enfant pouvait faire, devait faire, j’ai fait du mieux que j’ai pu, sans m’oublier, sans oublier que c’était priorité à mes enfants. 

Ma maman m’avait juré (et le pire c’est quand elle jure à Lyanna, mon Dieu que je vrille) qu’elle viendrait toutes les semaines jusqu’à notre départ, elle a sauté sur la première occasion pour ne plus venir (elle l’aura fait deux semaines de venir), on ne s’est plus parlées pendant 1 mois et demi, comme chaque trimestre, pour un truc qui ne la concernait même pas, pour un truc qu’elle n’aurait jamais fait à ma place (j’rentre pas dans ces détails). 

On est dimanche, on part mercredi, j’ai presque fini mes cartons, pas une fois elle ne m’a demandé si j’avais besoin d’aide. Ils sont venus prendre des affaires qu’ils voulaient. Ils ont joué avec les enfants l’aprem, et n’ont même pas dormi, ils sont rentrés. 

Je devais lui demander de venir si je recevais un colis (sa bague) que j’avais commandé pour elle, malgré tout ça, malgré que je savais très bien qu’elle ne me demanderait à AUCUN moment si j’avais besoin d’aide. Je ne changerai pas, je continuerai de penser à eux, de leur proposer de venir, mais je n’arrêterai pas de faire MA vie, de partir, appeler ou ne pas décrocher quand j’en ai (pas) envie (la réalité je ne décroche pas quand elle appelle en Visio et que c’est juste pour voir les enfants, et pas pour me demander comment je vais). Ma maman regarde mes stories, si je pleure, je suis fatiguée, JAMAIS je n’ai de messages, d’appels. J’en ai QUE si ce sont les enfants qui sont concernés. 

Voilà, après mes confidences sur Noël, en voilà de nouvelles, ma vie familiale c’est celle-ci. Vous les verrez toujours en story quand ils sont avec moi, car je prends les moments qui sont à prendre, mais je fuis leur conflit, c’est un fait, ils aiment ça, du moins, ils savent les créer, et y croire dur comme fer. 

Mon petit frère en souffre beaucoup, différemment de moi, on a pas les mêmes appuis dans nos  vies. On a/est d’ailleurs souvent en conflit tous les deux, car inconsciemment ils font du  « diviser pour mieux régner ». Ils ont très peur qu’il me rejoigne, qu’il parte, et je le sais déjà, ils n’iront jamais le voir. Alors qu’il est  seul, qu’il souffre beaucoup de cette solitude, 2020/2021 fait beaucoup de mal aux personnes seules, il en fait parti. Ils ne feront rien pour lui, c’était à moi de tout faire selon eux, j’étais la plus proche en distance, JE suis partie, c’est de ma faute s’il est seul (seulement quand j’ai pris la décision d’accepter de vivre en Corse, il était en couple depuis plusieurs années).

J’en ai beaucoup souffert de leur connerie, conflit, absence, présence par intérêt, j’en souffre encore beaucoup surtout quand on est à vif dans un conflit, mais Dieu merci, je vais de l’avant, et j’ai vraiment appris à faire la distinction entre « l’amour que j’ai pour eux », et « ce que je n’ai pas à laisser passer ».

Bref, le sujet le plus sensible pour moi c’est lui, mon petit frère, ce petit qui s’est perdu, depuis des années, cette personne que j’aime tellement, si bon au fond, mais trituré par son passé, son manque de confiance en lui, il a repris tout l’autre côté de notre père. Lui, oui, même si ça fait 5 ans que putain on souffre de ne pas se comprendre, je l’aime, je l’attend, je reviens, j’en prends plein la tronche, je lui raccroche au nez, mais je reprends sur moi et je lui ré-écris, plus qu’avec quiconque. 

Alors à votre questionnement, n’as-tu pas eu peur de quitter ta famille ?

Oui, j’ai eu mal au coeur, j’ai pleuré sur le trajet en allant leur dire au revoir dans le Morvan. Mais, peur, non, ça pouvait difficilement être pire… 

Par contre, j’ai culpabilisé de laisser mon petit frère, ça oui, énormément. Et encore aujourd’hui, j’aimerai qu’il vienne nous voir. Mais vous savez, ça ne peut pas être simple… Alors j’attends  je continue  de proposer… On verra…

Une partie de moi est vraiment meurtrie de tout ça, une autre se nourrie et cicatrise à chaque regard sur mes enfants. 

La vie ne m’a pas donné l’amour de mes parents, pas celui dont un enfant a besoin du moins, pas celui qu’il attend, mais la vie m’a offert la chance de réaliser mon rêve, en offrant à mes enfants toutes l’attention du monde, alors la vraie question, la plus pertinente, c’est.. Jusqu’où es-tu  prête à aller pour tes enfants… Main dans la main, on va au bout du monde ensemble.

Partir pour mieux vivre, vivre pour eux.

A mes enfants que j’aime infiniment.

Maman est prête à tout, pour vous…

Les filles n’ayez pas peur de prendre du recul, pensez à vous, pensez à vos enfants.

Evidemment, j’ai des « séquelles » de certaines choses de mon enfance, mais vraiment, ma ligne directive c’est vraiment mes enfants ! J’ai du travail à faire sur des aspects, mais des aspects où JE ME FRUSTRE SEULE, parce que j’ai « vu », entendu des phrases (on en reparlera), mais systématiquement, je fais tout pour que mes enfants ne ressentent rien de tout ça. Comme si, j’ai conscience de ce que je dois faire, je sais comment les faire grandir dans un environnement sain, génial, bienveillants, constructeur, sans tourment, mais moi, je vis avec quelques tourments dans lesquels j’ai grandi, et je me les retransmets à moi-même, automatiquement, car ce serait trop beau de réussir à tout faire différemment sur tous les aspects.

J’y arrive pour eux, mais pas pour moi. 

J’en ai conscience, et c’est à moi maintenant de travailler sur ça, prendre et reprendre le contrôle de mes états d’âmes, reconditionner ma carte mémoire.

Elle est la clé d’un bien être intégrale… ça peut prendre du temps, ce ne sera pas toujours acquis, j’aurai des moments de down sur ce sujet, mais je vais tout faire pour la formater avec mes propres codes.

La vie est une formation, la vie est une thérapie. 

Se comprendre, s’apprendre pour avancer …

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