Ta première rentrée scolaire

par | Sep 13, 2019 | Bébé, Être maman | 14 commentaires

Comme dans un livre ouvert, le nom d’accueil de mon blog quand je l’ai ouvert en juin 2016 pour parler de toi Lyanna, comment ne pas écrire quelques lignes sur ce jour si important dans la vie d’un enfant, d’un parent : La première rentrée scolaire.

Rien n’est simple quand on devient parent mais surtout maman, on ne s’appartient plus et ce, dès le premier instant où la petite graine est implantée, à jamais notre vie va changer. Une vie que l’on aurait jamais imaginé, rythmée d’un amour inconditionnel, d’angoisses incontrôlables, de rires incontrôlables, cette nouvelle vie qui chasse l’ancienne si insignifiante quand on y repense. 

Nous avons fait le choix de te mettre à l’école dès à présent, pourtant nous avions encore un an, ou quelques mois selon les lois. Mais ma Lyanna, tu es si éveillée, si ouverte, si… tu veux découvrir le monde. On a pensé qu’il était bon de te laisser aller déjà vers cette nouvelle étape, tu étais demandeuse, tu avais beaucoup de tes copains qui rentraient à l’école, c’était selon nous le meilleur moment. Tu serais devenue la plus grande à la crèche, et j’aime te savoir avec plus grand que toi pour que tu puisses exercer ce que tu aimes le plus :

analyser, observer, reproduire, répéter, raconter

Je me dis souvent que le temps passe vite,

je te regarde droit dans les yeux et je te dis à quel point je t’aime, que tu es belle. S’il y a bien une chose qui est sûre c’est que je suis avec toi ce que toute ma vie j’ai espéré de mes parents. Je suis reconnaissante de l’amour que tu apportes dans nos vies, des rires que tu génères, de la chance inouïe que Dieu nous a fourni. 

Je passe du temps avec toi, plus que la majorité des parents je le sais, c’est mon choix, tout abandonner le temps de tes 3 ans pour vivre à tes côtés, j’en avais besoin, envie, je voulais t’apporter le plus possible. Mon tempérament a fait que j’ai dû me mettre à partager ce que je vivais, écrire, aider autour de moi les personnes qui me suivaient. 

Je suis passionnée, par toi, en premier mais par le fait d’aider, de partager. Tu es toujours passée en premier, mais j’ai quand même beaucoup travaillé. Je crois que c’était ce que je pouvais vivre de pire et à la fois de si merveilleux. 

Etre devant mon PC, lever la tête et tomber sur ton visage, ton sourire, tes mimiques, t’entendre me répéter, te voir m’imiter, c’était à la fois la plus belle façon de travailler et à la fois, la plus dure. Combien de fois j’ai eu envie de lâcher l’ordi pour venir jouer avec toi, puis je me disais non reste concentrée, elle va venir te chercher. Un coup je venais, un coup je t’expliquais que je devais travailler, que travailler nous permettait de voyager, de t’acheter des jouets. 

C’est important pour moi de ne pas te fausser la réalité, travailler c’est le commun de quoi… 99% de la population mondiale ? Si je n’avais travaillé que durant tes siestes et tes nuits, tu n’aurais pas compris, d’où viennent ses cadeaux, comment faisons-nous nos courses. C’est papa qui ramène tout ? Non, mon bébé une femme aussi c’est indépendant, une femme aussi travaille et gagne sa vie. Tu es trop petite pour voir si loin, mais tu sais déjà ce que signifie et engendre le mot travailler.

C’était dur pour moi, crois-moi, et tu sais, je n’ai jamais été convaincue que c’était la meilleure solution, je l’ai fait perdurer car au fond je le devais, pour toutes ces raisons que je t’ai expliqué. Mais je ne suis pas sûre de moi quand ça concerne mes choix pour toi, enfin si, mais non, je sais que je fais de mon mieux, mais je me remets toujours en question, est-ce vraiment le bon choix ? 

Hier soir, la veille de ta rentrée, j’ai pleuré, je me suis effondrée, littéralement, inconsolable, j’en ai réveillé papa, il n’a pas compris, m’a demandé trois fois ce que j’avais, je lui ai dis en sanglotant « Lyanna rentre à l’école ». Il n’a pas su quoi répondre de suite, puis a fini par dire quelques mots pour me rassurer, lui qui était tout angoissé aussi, au bout de quelques minutes, paroles, mains tendres au tour de moi, il m’a sorti : « celle là, je ne m’y attendais pas », on a ri, puis j’ai continué de pleurer encore. Au bout d’un moment ne pouvant plus respirer car mon nez s’était bouché, je me suis levée, mouché, j’ai repris mes esprits et on s’est endormis l’un contre l’autre.

On a mal dormi, je te le dis. Mitigés, angoissés, tristounets, on laissait s’échapper notre bébé

6h, je fais pipi, les yeux collés, je me remets au lit me disant qu’il me restait une heure à dormir. Puis ton petit frère m’a fait sortir du lit, il a dû sentir le vent venir et le retard aussi ^^

J’ai commencé à me préparer, papa m’a succédé. Il ne m’a pas reparlé de la veille de suite, j’aurais cru mais je crois qu’il était tout aussi perdu.

On a commencé à discuter, de tout, de rien, puis tu as ouvert ta porte et tu m’as appelé, c’est marrant, cela faisait quelques jours que tu n’appelais plus que papa les matins, et là c’était moi. Que j’étais contente, je t’ai filmé, te demandant ce que tu faisais aujourd’hui et fièrement tu m’as répondu : « je vais à l’école, je vais voir mes copains ».

On a été tous les 3 sur le canapé pour boire notre café, biberon et café au lait. Je t’ai d’ailleurs expliqué que ce que je buvais était un peu de ce que bois papa et un peu de ce que tu bois.

On a passé un moment calme, sûrement de la tristesse dans nos coeurs, et juste un biberon apaisant pour toi auprès de tes deux parents collés à toi.

Puis, on a été t’habiller, te préparer, préparer ton cartable qu’évidement je n’avais pas fait avant, nos stress Maman, j’avais la liste je savais que nous avions tout à la maison, puis quoi, il faut bien que je reproduise un peu de ce que j’ai vécu petite, Mamie était toujours à la bourre, toujours à faire les choses au dernier moment, et tu sais quoi, ça c’est un bon souvenir pour moi. ^^

Ensuite on s’est préparés à notre tour, on a fait une photo tous les « 4 » et on a filé à l’école.

On était un peu en tension car on ne trouvait pas de place, et oui, tous les parents le jour de la rentrée ça fait bouchon dans la commune ^^

On en trouve une, on descend..

et nous y voilà.

On trouve au bout de quelques essais ratés ta classe, ton prénom où accrocher tes affaires, on te fait faire pipi, on patiente. On se retrouve avec ta copine Louisa qui n’a pas l’air très rassurée et confiante, mais toi, tu es là, tu es calme, patiente, observatrice, tu me demandes mes bras, et je suis si heureuse que tu veuilles ce moment avec moi. Puis un câlin à Papa et arrive notre tour de te présenter au Maître. On explique que l’on viendra te chercher chaque midi, que tu manges avec nous et ne reviens pas l’aprem.

Puis je t’ai regardé et je t’ai dis avec enthousiasme : « Oh mais regarde c’est Luce là bas, elle joue avec un bébé, tu veux y aller ». Et là, sans grand étonnement finalement, tu y as été, sans te retourner, sans me regarder, tu as filé rejoindre ta copine de la crèche. 

Nous avons attendu un instant, va-t’elle se retourner ? Mais non, on s’en doutait.

On est parti, le coeur à la fois lourd et léger.

C’était fait, tu étais à l’école…

Mais soulagés car tu n’as pas pleuré.

Je suis partie chez l’anesthésiste pour préparer le jour où pointera le petit nez de ton petit frère, papa est resté à la maison pour s’occuper de tout ce qu’il avait à faire. Il m’a écrit : « je ne suis pas bien ». Je m’en doutais, je le connais…

J’ai appelé Papy et Mamie, j’ai commencé à pleurer, mais ils m’ont vite stoppé à se chamailler pour un pass d’autoroute oublié ^^ Tu les connais ces deux là.

La matinée s’est faite…

Je devais aller dans les magasins pour des bricoles (importantes mine de rien), mais j’allais louper ta sortie de classe, et je tenais à venir te récupérer. Papa lui du coup est resté à la maison le temps que je passe te chercher.

Je te reverrais toute ma vie, avec ton cartable, sur le banc, à attendre. Je t’ai récupéré, tu étais fatiguée, mais tu m’as de suite dis « je veux aller à l’école ». Je t’ai expliqué, oh oui, mais demain maintenant ^^.

J’étais dégoûtée, je n’ai pas pu parler au Maître des activités faites la matinée, je ne savais pas comment ça s’est passé, et toi, sûrement dans une grande nouveauté, tu n’as jamais su nous dire comment ça s’était passé. 

On aura essayé par mille questions, mais rien n’y a fait. 

Une grosse sieste avec papa, une aprèm avec maman à jouer, et un dodo encore et toujours pas aux heures que l’on s’était fixées, décidément on y arrivera jamais mdr.

Mardi matin, tu te réveilles seule à 7h20,

tu nous rejoins dans le lit en bas, et on y va pour ce deuxième jour, biberon dans le lit tous les trois, petit moment dans le canapé tous les trois, je t’ai lu un livre de Pat’Patrouille, on t’a préparé, on s’est préparés, petite photo et go pour l’école…

Tous les enfants de ta classe pleuraient pratiquement, il a fallut chercher un moment les rescapés de cette symphonie dramatique. Luce toujours au fond avec sa poupée, je te l’ai montré et pareil, tu as filé. L’Atsem m’a dit « Lyanna elle, elle y va tout d’bout ». On a vu Louisa en pleure, j’ai eu les larmes aux yeux pour elle. Puis nous sommes partis.

Papa m’a dit, on a encore de la chance pour ça aussi avec Lyanna, elle est vraiment sociable, elle ne pleure pas.

Je lui ai répondu, on a pas de la chance, on a crée notre chance, c’est grâce à notre éducation et la confiance qu’on lui a donné qu’elle est confiante.

C‘est vrai ma Douce, aujourd’hui, si tu as ce caractère cette façon d’observer le monde, d’avoir confiance en toi, de ne pas pleurer quand on te laisse quelque part, c’est que tu as confiance en nous, tu sais qu’on ne te laissera jamais quelques parts où tu dois craindre, où tu dois avoir peur.

Je sais qu’on va faire des erreurs, on va se tromper, on s’est déjà trompés, mais on a réussi ça, on a toujours été patients, on a toujours pris en considération tes sentiments, tes ressentis, on a toujours anticipé, on t’a toujours préparée aux choses qui arrivaient du mieux qu’on l’imaginait.

On ne t’a jamais jamais laissé pleurer, on t’a toujours parlé, mis des mots sur les émotions que tu vivais, les choses que tu voyais, je t’ai toujours emmené partout, je ne t’ai jamais forcé à faire de bisou, à faire de câlin, je t’ai toujours expliqué la politesse sans te forcer à dire « bonjour », mais je t’ai toujours expliqué quand tu ne le faisais pas, que justement ça ne se faisait pas, en changeant la situation pour te projeter différemment.

On ne t’a jamais brusqué ou frustré, on a vraiment toujours été avec toi, comme on voulait qu’on soit avec nous, c’est-à-dire à l’image de la personne la plus parfaite qu’on aimerait nous avoir, je ne dis pas qu’on a toujours réussi cette perfection ça non, on a crié par moment, mais ON S’EST TOUJOURS EXCUSES, t’expliquant la situation, le pourquoi on avait crié, que telle situation nous avait fait mal au coeur, mais que ce n’était pas toi LYANNA qui était fautive.

Oui mon Amour, on a vraiment fait tout ce qui était en nos capacités pour t’apporter le plus du plus de ce qu’on considérait être normal, de ce qu’on avait lu, de ce que l’on continue de lire pour tenter d’être toujours au mieux de ce que l’on doit être envers toi.

Si un jour tu me poses la question :

« Maman quelles sont tes astuces pour une rentrée réussie, sans pleurs, en toute confiance, au delà de tout ce que tu avais fait avec Papa  ?»

Je te répondrais :

« Mon amour, ce que nous avons fait également avec toi c’était de te préparer à l’école par différent moyens

Nous avons acheté des cahiers de vacances, qu’on a fait durant l’été, un peu chaque jour, parfois pas à certains jours, parfois deux fois dans la journée. On t’expliquait clairement que ça après tu le ferais à l’école, qu’il faudrait alors que tu restes concentrée, car l’école n’allait pas avoir notre façon de faire, qu’il y aurait plein d’autres enfants en même temps que toi à s’occuper en même temps. Pour autant on a jamais diabolisé l’école pour espérer que tu fasses ce qu’on voulait de toi. Cela nous aurait tiré une balle dans le pied au moment de la rentrée. 

On t’a parlé de l’école, t’expliquant sans tabou, sans abus ce que ça allait être, sans en faire trop ni dans un sens ni dans un autre. On ne le faisait pas tous les jours non plus, le but c’était que ça soit naturel, au fur et à mesure, pas non plus te stresser avec ça. Je t’ai jamais précisé que je viendrais tous les jours car tu le savais, ce n’est pas quelque chose que j’ai estimé ou même pensé devoir te dire, mais dans le cas contraire je l’aurais fait, tourné dans le sens : je te raconte nos futures journées et pas « ne t’inquiète pas je viendrais te chercher », évidemment que je serais venue, il n’était pas la peine de te laisser sous entendre que peut-être que non.

Nous t’avons encouragé à aimer l’idée d’aller à l’école, par des phrases comme « ça va être chouette », « tu vas retrouver tes copains à l’école », on parlait avec papa devant toi, de toi, en disant des choses comme « Lyanna elle va adorer l’école, elle va tracer direct c’est sûre, ça va être dingue on va aller chercher notre bébé à l’école maintenant ». Bref on était vraiment dans une optique de continuer à te donner confiance en toi, par des techniques directes et indirectes. 

On disait aussi devant toi que de toute façon au moindre truc qu’on ne sentait pas, on te reprendrait avec nous

Tu vois ce que je veux dire ma Lyanna, on a fait en sorte de te donner les informations aussi juste soient elles, sans te faire peur, ni en t’idéalisant l’école afin que ce ne soit pas les jours d’après que tu ne veuilles plus y retourner. Pour autant, on voulait te préparer aussi, l’école ce n’est pas tout beau tout rose malheureusement et il fallait selon moi que tu le saches aussi.

Voilà ma Lyanna ce que je peux te dire comme astuces pour aider tes enfants à ton tour ».

Si après cela tu me demandes de t’expliquer comment j’ai vécu..

…et survécu à ta rentrée à l’école, moi qui ai toujours eu peur qu’on te fasse du mal

Je te répondrais, que j’ai eu une peur bleue, j’ai angoissé des kidnappings, que je faisais en sorte d’être dans les premières à te récupérer, dans les dernières à t’emmener, que j’ai dit au maître ce que je faisais comme métier, qu’aucune personne n’avait le droit de venir te chercher à l’école si ce n’était pas papa ou moi.

J’ai surtout eu peur des autres enfants, au moment où je t’écris, à seulement deux jours d’école j’ai déjà eu le coeur brisé deux fois. J’ai vu une copine à toi te refuser un jouet et toi partir sans rien dire, après tout tu venais alors qu’elle jouait déjà. Mais quand même d’un oeil de maman ça fait un pincement. Puis quand tu es rentrée je t’ai demandé si tu avais fait du toboggan tu m’as dis que non, et pas de vélo non plus car il n’y avait plus de place.

Tu me l’as répété deux fois, j’ai regardé papa, d’un air si triste, que même toi tu m’as demandé ce que j’avais. Comme à mon habitude, je t’ai expliqué, que j’avais peur pour toi car je t’aimais et j’étais triste que tu n’aies pas pu faire du vélo. Je t’explique en ce moment cette notion des gens bons et des gens mauvais en te prenant l’exemple de ton livre du roi Lion. Que des gens sont gentils comme Mufasa, et d’autres comme Scar. 

Je ne vais pas t’en parler davantage car tu ne saisirais pas tous les tenants et les aboutissants de mes peurs, mais oui, j’ai peur, oui je ne suis pas rassurée, parfois je me surprends à me dire « je ne préfère pas savoir » puis je me dis direct : HORS DE QUESTION ! Justement il faut tout savoir, ce n’est pas toi que je dois endurcir, c’est moi qui doit me faire violence pour écouter, entendre, t’observer et agir si besoin.

Ne pas savoir c’est ne pas savoir c’est ne pas se laisser une chance d’aider son enfant, et ça s’il t’arrivait quelque chose, je ne me le pardonnerai jamais. Tout n’arrive pas qu’aux autres et ça je le sais, toi la prunelle de mes yeux, il est hors de question qu’un jour je me dise que sur ça j’ai merdé. Que je merde sur un goûter, un loupé de sieste, que je merde à te faire louper l’école une année, tout ça je saurais le gérer, ça ne te détruira pas comme l’école peut le faire et l’a déjà fait sur tant d’enfants.

Je prends sur moi cependant pour ne pas trop te montrer mes angoisses, mais à part te dire de toujours bien observer tes enfants quand tu les déposes, quand tu les récupères et même aller de temps en temps de le temps de la récrée observer comment ça se passe est très important. Je pense sincèrement que c’est le meilleur conseil que je peux te donner ma douce. De même que de toujours parler avec eux, ne jamais briser, casser le dialogue. C’est vraiment important. Le dialogue aide à tout résoudre, ne l’oublie jamais.

Voilà mon ange, ce que je peux t’écrire, te dire, te retracer de ta première rentrée, je te le dis ici, je vais venir observer les récrés plusieurs fois par semaine, oui, c’est important de savoir comment ça se passe, comment je peux avoir confiance au corps enseignant, vous surveille t’il correctement, y’a t’il un grand méchant ? Et toi, comment es-tu ? Ces questions, je me les poserai toute ma vie, alors oui, je viendrais observer, et même, je serai parent délégué <3

N’oublie jamais… Je t’aime.
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