Récit de mon accouchement…

Hello les filles,
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Nous y voilà, ce moment où je retrace mon accouchement, c’est vrai que cet article me tient à coeur, car hors le fait de vous le partager et vous raconter tout ce qu’il se passe lors d’un déclenchement et un accouchement (en tout cas le mien), je peux tout garder dans le cahier de naissance de Lyanna pour pouvoir avoir des souvenirs très précis de son arrivée, mes ressentis, ceux de son Papa, tout ce que l’on aime savoir quand l’on devient plus grand.
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J’ai oublié de vous dire que j’avais pris mon petit-déjeuner le matin, une demi-baguette de pain, je voulais avoir de quoi tenir car une fois à la clinique je ne remangerai pas d’ici peu…
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Récit de mon accouchement :

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Nous sommes donc arrivés à la clinique à 7h30, Excités ? Perdus ? Impatients ? En faite, c’était tout à la fois… Mais une chose est sûre j’étais heureuse, j’avais juste ça en tête, je vais bientôt rencontrer celle qui changera ma vie.
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Nous avons été installés en chambre de pré-travail, Thibault a été envoyé au service des admissions pour faire mon entrée et moi j’ai été examiné par la sage femme qui me confirme que mon col est favorable au déclenchement, je suis ouverte à deux bons doigts (oui c’est très glam’s ce genre de terme mais c’est la réalité d’un accouchement ^^), que nous ne ferons pas le process par tampons imbibés ou par gel mais directement sous perfusion avec un produit qui provoque les contractions. Ce qui veut dire, que je n’aurai pas un délai de 48h pour que le déclenchement s’opère et que j’accouche, mais que notre bébé naîtra dans la journée… WAAAAAH, excitation totale et zenitude, quel bonheur de commencer sa journée comme ça^^
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Nous sommes transféré directement en salle de travail où tout va se dérouler, salle que je ne quitterai plus avant d’avoir vu ma fille (sauf si césarienne d’urgence), on me dit de mettre une blouse trop sexy (ou pas), de m’installer et la sage femme m’informe que l’on va me mettre la perfusion d’ici peu.
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8h30 : Perfusion posée, elle m’explique donc qu’elle va m’envoyer du produits progressivement, voir comment je réagis, comme réagis mon col, et l’augmenter petit à petit au début et ne plus y toucher ensuite et laisser le travail s’opérer. Elle m’explique qu’en règle générale, on en a pour la journée pour un déclenchement d’un premier accouchement, que notre but c’est quand même que j’accouche avant le changement d’équipe à 19H30 lol
Motivée comme jamais, je lui pose l’ultime question… Est ce que y’a d’autres accouchements prévus par mon docteur aujourd’hui? La réponse est Oui… OHHH non ! Je lui dis, mais on fait comme si on est deux à accoucher en même temps, elle me rassure en m’indiquant qu’on aura le temps de les faire à l’affilée car ils peuvent gérer deux accouchements qui se démarrent en même temps, on peut en « mettre un pause » si je peux dire ça comme ça, mais le terme n’est pas exact cependant l’image est là. On en rigole, et elle me dit de ne pas essayer de faire la course (on est d’accord que ce n’est dans tous les cas pas moi qui décide mais mon corps, je n’ai pas la main sur ce genre de choses lol) avec l’autre dame car elle accouchera avant moi car c’est son troisième enfant ce qui induit un accouchement rapide, en tout cas plus rapide que moi avec ma première grossesse. Je lui fais confiance, moi, je ne veux pas être la première à accoucher, je m’en fiche, je veux juste être accouché par MON docteur, le reste m’est égal.
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9h45 : La sage femme effectue un contrôle et me dit que tout va bien, mon col se modifie encore, on attend encore 30/45 minutes et on me posera la péridurale pour pouvoir me percer la poche des eaux ensuite, ce qui va accélérer le travail, et il faut absolument avoir la péridurale pour effectuer cette manoeuvre de perçage car cela va laisser passer de lourdes contractions, les vraies, celles du vrai travail ! hihi
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Je suis bien, détendue toujours, on est avec mon mari, on blague, on parle, on essaye de réaliser, j’envoie des messages régulièrement à mes proches pour les tenir informé. La sage femme revient et nous informe que ma maman est dans l’entrée… Ma maman, elle nous a fait la surprise de venir, comment je ne m’en suis pas doutée, Thib l’avait appelé quelques minutes avant pour lui dire où en était mon travail et elle nous disait qu’elle était en course… Pourquoi je n’ai pas tilté, comme si ma mère allait aller en course le jour où j’accouche, genre… Mais non, elle était en route pour nous rejoindre, elle ne savait pas que l’on ne pouvait pas être deux accompagnants dans la salle de travail, elle pensait pouvoir être avec nous et sortir au moment où il faudrait montrer de quoi on est capable en tant que femme lol
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J’étais heureuse, je ne pouvais pas la voir, mais Thib allait souvent lui donner des nouvelles, petit coeur, elle devait être tellement en stress sur sa chaise de salle d’attente, elle a toujours été là pour nos opérations, même les plus petites, nous voir grandir c’est surement trop difficile pour elle, et que je l’avoue, j’aime la savoir près de moi, même si j’en éprouvais pas le besoin, j’étais sereine, heureuse, en confiance, mais de savoir qu’elle avait fait la route, qu’elle m’attendait, que je la verrais en sortant était encore plus rassurant. J’ai eu beaucoup d’échanges avec mes amies qui me soutenaient car j’avais créer un groupe par sms pour les tenir informé jusqu’à ce que je puisse avoir mon téléphone (soit le moment ultime de pousser lol), j’ai pu rire avec elle, lire leurs encouragements, leurs impatiences, elles étaient si mignonnes, si impliquées, elles ont participées à mon bien-être, et bien-sûr mon Papa, il est resté à la maison, le pauvre a déjà vécu deux accouchements avec maman, à attendre les fesses collées aux chaises de salle de travail, là, il passait son tour, ce qui me semblait normal, mais son coeur était avec moi, puisqu’il n’est pas du genre démonstratif mon papa, mais là, c’était tout autre à mon plus grand bonheur…
J’étais avec mon mari qui stressait plus que moi, ma maman non loin, et un contact permanent avec mes proches, comment n’aurais-je pas pu être plus détendue et souriante que là?
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10h45 : La sage femme revient et me dit que l’on va poser la péridurale, elle commence à tout préparer, et on attend l’anesthésiste qui n’a pas mis longtemps à arriver, on a blagué tout le long de la péridurale, il a dû me la reposer plusieurs fois car il touchait des nerfs ou vaisseaux j’me rappelle plus bien ce qu’il m’a dit mais en tout cas cela me faisait une « douleur » dans la fesse gauche comme si j’avais un problème dans le nerf sciatique. La péridurale malgré qu’il a dû me piquer plusieurs fois ne fait vraiment pas mal, sincèrement, il m’a endormie localement, ça fait comme des piqures de moustiques, puis il a attendu 2/3 minutes que ça agisse et hop, il posait la péri ensuite. Vraiment, la pose que cathéter pour la perfusion fait plus mal (d’ailleurs un conseil : demandez toujours à avoir la perfusion posée sur l’avant bras et pas sur votre veine de main, c’est bien plus pratique pour bouger, pousser et tenir bébé ensuite). Une fois tout bien posé, les cents blagues à la secondes terminées, l’anesthésiste est reparti et j’ai dû attendre 10/15 minutes pour que la péridurale agisse et que la sage femme puisse me percer la poche des eaux.
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J’ai des contractions mais comme d’habitude, pas douloureuses, rapprochées mais inactives sur mon col.
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11h : C’est le moment, la poche des eaux doit être rompu… j’avais un peu peur pour cette étape, oui, j’avais demandé en amont comme cela se passait, et en fait la sage femme prend un « crochet » en plastique entre ses deux doigts et va percer la poche comme si elle voulait examiner mon col. Avant d’effectuer cette étape, j’ai eu l’immense plaisir d’avoir une belle couche pour que le liquide d’inonde pas la pièce et le «lit », c’est quand même vachement glamour un accouchement hein ^^
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Je n’ai pas eu beaucoup d’écoulement au début, j’avais aussi envie de faire pipi, la sage femme m’a dit qu’elle me poserait une sonde plus tard pour me vider, je n’étais pas chaude chaude pour la sonde, ayant eu une cystite juste avant d’être enceinte à cause des traitements pour être enceinte justement, je savais que tout ce qui passait par ce canal qui n’était pas du pipi faisait une douleur monstre. Elle m’a assurée qu’avec la péridurale je ne sentirai strictement rien. Je lui faisais confiance…
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11h20 : Waaaaaah j’aurai pas besoin de la sonde, j’étais entrain de faire pipi dans ma couche, trop soulagée, je continue de pousser, je me vide, j’avais vraiment trop envie dis donc, c’est génial, bon c’est chaud, ça mouille mais si ça sort, c’est que j’avais vraiment envie…
La sage femme entre dans la salle et je lui dis toute gênée de le dire à voix haute que j’ai fait pipi dans ma couche que je suis désolée mais faudrait me la changer du coup. Elle me regarde, et me dit, vous n’avez pas fait pipi c’est impossible, je lui réponds que si, si, je lui promets avoir fait pipi, j’ai poussé même et que ça coule, d’ailleurs ça coule encore, je m’en excuse. Elle me dit, Madame, vous ne faite pas pipi c’est impossible c’est votre poche des eaux, puis moi têtue je lui promets que je suis entrain de faire pipi… Bref, pipi ou poche des eaux en tout cas je devais arrêter de pousser ce n’est pas « bon » pour mon col. Elle repart, mais mince, elle ne m’a pas changé ma couche, j’peux pas rester mouillée comme ça moi, ce n’est pas agréable cette sensation, je comprends que les bébé pleure quand leur couche est mouillée lol. Je me tourne, je regarde mon Thibault et lui dit, il faut que tu me la change… Les joies d’un accouchement…^^
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12h09 : La sage femme vient recontrôler mon col, toujours à deux, elle me dit qu’on attend 1h et s’il n’a pas bougé, on me donnera du magnésium pour le détendre car là il est encore très tonique.
Je n’ai pas mal, j’ai des contractions plus importantes mais la péridurale c’est incroyable, on ne sent pas grand chose, et pourtant je veux ressentir ce que ça fait, mais non, c’est indolore mine de rien.
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Avec Thib, on rigole, on se blague, je m’endors une vingtaine de minutes à peine, on parle de tout de rien, de nous, du temps de dehors, on se dit que notre bébé naîtra un jour de beau soleil d’hiver, je me sens bien, Thibault un peu moins, il est angoissé, mais il gère, je ne le ressens pas trop, mais je le connais bien plus que quiconque et je lis en lui comme dans un livre ouvert, je sais qu’au fond il panique.
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13h09 : Retour de la sage femme, on contrôle mon col, il est effacé et ouvert à 3/4, elle me dit de me mettre sur le côté car cette position est plus naturelle pour aider la dilatation du col, elle m’informe que ça commence à se décanter, qu’en gros il faut compter 1H par cm d’ouverture…
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On calcule avec Thib :
4/5 : 14H
5/6 : 15H
6/7 : 16H
7/8 : 17H
8/9 : 18H
9/10 :19H …
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OH merde, c’est juste cette histoire, on est pas sorti de l’auberge à cette allure et je dois accoucher avant que l’équipe change, c’était la petite deadline de la journée… Bon aller on se dit que ça peut aller plus vite…
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J’étais donc sur le côté, face à Thib, je lui demande de mettre la télé sur son téléphone et qu’on regarde un film vu qu’on est là pour l’après-midi… On se met dans notre épisode d’Harry Potter car oui, nous avons reprit la saga qui passe sur canal en ce moment, c’était notre petit rituel de sieste pendant ces derniers jours. Ouille, j’ai mal, jusque là, tout allait hyper bien, mais là, la sensation que j’ai est nouvelle et étrange, ça fait tout bizarre dans la chouchoune, c’est vraiment pas agréable, j’ai mal pour le coup, je le dis à Thib, et je rigole en lui disant, dis donc, les sensations sur la chouchoune j’suis vraiment pas fan là, j’ai vraiment mal, sur une échelle de douleur de 1 à 10, je te dirai bien 9 mais comme j’suis qu’au début je vais te dire 7,5 car sinon après j’pourrai plus te dire 10/10… ^^
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13h50 : Le coeur de bébé réagit à mes contractions, du coup la sage femme le voit à travers le petit oeil de la porte et revient me voir, elle me dit qu’on va ré-examiner le col car bébé réagit donc faut qu’on voit où ça en est…
Elle me regarde, me dit : « Col dilaté complètement, je sens la tête de votre fille, c’est parti, on s’installe, j’appelle le docteur et on commence le travail ». Je lui dis : « d’accord, mais ça va prendre combien de temps? ». Et là, elle me dit, « arf dans l’heure vous avez accouché »…
WTF, on avait compté que ce serait pour les environs de 19H, la foliiiiiie que ce passe t’il, c’est génial. Bon mon Thib était devenu un peu pâlot mais il sourie quand même ^^ On allait être Papa et Maman. Tout s’accélère autour de nous, j’ai un sourire béa.. J’ai aussi compris pourquoi ça me tirait dans la chouchoune, sa tête était là, j’avais envie de pousser quoi… J’avais mal mais d’un côté j’y pensais même plus, je regardais juste tout autour de moi, ce qu’il se passait, ce qu’elle préparait, je voulais être sûre que tout se déroulait normalement. Elle m’a expliqué comment pousser, quand pousser, comment me tenir, waaaaah, ok, j’ai compris, on y va quand vous voulez les gars moi j’suis READY !!!
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Seul bémol, sa tête était mal positionné, elle m’a fait me mettre d’une certaine façon pour tenter qu’elle se retourne seule si possible et éviter les ventouses.
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Mon gynécologue est entré dans la salle, il m’a fait des blagues comme toujours, et me dit : « vous avez devancé mon autre patiente, vous me les ferez toutes vous ^^ ».
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Il s’est mis en face de moi, la sage femme du côté gauche, Thibault à ma tête, le docteur a prit un appareil d’échographie pour trouver le coeur de bébé qui n’aimait pas tellement la descente de l’accouchement, mais rien d’alarmant, juste par prévention il a voulu contrôler qu’elle n’était pas en souffrance durant les poussées.
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J’ai eu la consigne de pousser à la prochaine contraction. A peine la phrase terminée, qu’en voilà une…
Aller, on pousse me dit la sage femme, je ferme les yeux, je pousse je pousse, en apnée, je reprends mon souffle, je recommence une fois puis deux. Elle m’encourage, me dit que c’est bien, je suis contente que ce soit bien comme ça, puis boom une autre contraction, on recommence, je pousse trois fois sur cette contraction, c’est trop bizarre, on a l’impression que l’on va faire caca, que tout va se déchirer, mais je savais que j’avais plus de caca à faire, j’avais pris mes précautions le matin (vous êtes contente de le savoir hein ^^). La sage femme me dit qu’on voit sa tête, qu’à la prochaine contractions ça peut le faire. Et hop, une contraction qui revient, elle me prévient, et aller, je pousse, reprend mon souffle, et je pousse, pousse, pousse et là je sens une « délivrance », j’ouvre les yeux direct, et là ma fille devant moi, je vois direct qu’elle est petite, ma crevette, mon ange, j’ai de suite vu qu’elle ne faisait pas le poids annoncé. On me la pose sur mon ventre, on pleure, on sourie, on a bébé sur moi, elle est si petite, si belle, si rose, elle ne pleure même pas, elle est là sur moi, si calme, je suis aux anges, Thibault aussi, il coupe le cordon, c’était ouf. J’embrasse notre enfant, elle est si propre, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit si propre, bah oui dans Baby-Boom (du peu d’épisodes que j’ai vu soit 3/4) ils étaient tous bleu/gris les bébés, plein de vernix ou de sang.
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14h25 : notre fille est née.
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Au bout de quelques minutes, qui sont passées si vite, Thib est parti avec bébé pour la nettoyer, la peser, et l’habiller.
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Pour ma part, il fallait attendre que les 20 minutes s’écoulent entre l’accouchement et la délivrance du placenta pour qu’il sorte. Je demande au docteur si j’ai eu une épisiotomie, une déchirure ou rien du tout, et oui il m’informe avoir du couper, mais que ce n’est pas de beaucoup, qu’il n’avait pas le choix car mon périnée était trop tonique et empêchait la tête de bébé de sortir.
Pas grave, le principal c’est qu’elle soit sortie et qu’elle aille bien, moi si j’ai la chouchoune sans connaissance, je m’en fous.
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20 minutes se sont écoulées, mon gynécologue tire sur le cordon, la sage femme appuie sans cesse sur mon ventre, du liquide sort encore et encore, et il tire sur mon cordon. Je vois mon docteur prendre une paire de gant, immense, et les enfiler jusqu’au coude, je le regarde et lui dit en rigolant qu’il n’y va pas avec des pincettes là, on rigole. J’avais bien compris ce qu’il allait faire, et je me suis directement comparé aux vaches que les agriculteurs aident à accoucher, j’étais ravie de cette image mais bon, il le fallait. Il m’explique que mon col s’est déjà refermé donc il faut prendre les grands moyens, à la guerre comme à la guerre comme dirait l’autre.
Il vérifie ne rien avoir oublié dedans, la sage femme continue d’appuyer et de faire sortir du liquide. J’ai voulu voir à quoi ressemblait un placenta… Surprise de comment c’était mais contente d’avoir pu satisfaire ma curiosité. Le docteur me dit que mon bébé va être petit vu la taille du placenta qui pour lui était petit, pour le coup je le trouvais déjà énorme ^^
La sage femme débarrasse la salle, sort et revient me donner des nouvelles de mon bébé, taille, poids, elle me dit qu’elle va aller en néonat finalement car au vue de son poids, on doit être sûr que tout va bien pour elle. Je m’en suis doutée dès que je l’ai vu, elle a été surestimée, je demande si elle va bien, la sage femme me promets qu’elle est en pleine forme que c’est juste un protocole pour son poids, et pour les analyses afin d’essayer de savoir si elle a eu un virus, si les échanges entre elle et moi n’étaient pas si bons etc… Je la crois, de toute façon elle n’a pas le droit de me cacher quoi que ce soit concernant mon enfant, alors je lui fais confiance, je sais ce qu’est la néonat dans la clinique car j’avais eu la possibilité de la visiter à la fin d’un atelier à la clinique. Je savais que je pourrai y être 24h/24 si je le voulais et que je serai appelé pour un oui pour un non si je le demandais… Bref, pendant que je parlais de ça avec la sage femme, le gynécologue était entrain de préparer son attirail de couturier et hop c’était parti… Il me recoud, je sens comme une piqure de moustique, je lui dis que je sens quand il pique, il me dit d’appuyer un coup sur le bouton de la péridurale pour atténuer, mais je réfléchis et lui demande si c’est bientôt fini car je ne veux pas remettre une dose pour rien car j’ai tilté de suite que si je remettais une dose, j’allais repartir pour un temps indéterminé avant de pouvoir aller voir mon bébé et ça ce n’était pas possible. Il m’a dit qu’il lui restait quelques points mais que c’était rapide, j’ai donc préféré sentir un peu et être sûre de pouvoir me lever d’ici peu…
Tout se termine, le docteur me félicite, pour un premier accouchement j’aurai assuré selon lui, et la sage femme le rejoint, je suis toute gênée, mais tellement heureuse.
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15h19 : La porte s’ouvre, et là, les deux amours de ma vie entrent, l’auxiliaire de puéricultrice m’informe qu’elle me la laisse un instant le temps que je la mette aux seins pour la première tétées et qu’ensuite elle ira en néonat avec Thibault et que je pourrai y aller quand je me sentirai de me lever.
Mon ange trouve direct le sein et tête instinctivement, je pleure de joie, je suis aux anges, je suis dingue d’elle, je demande à Thibault qui ne la pas quitté comment elle va, il me dit qu’elle était la plus en forme que les deux autres bébés nés en « même temps » qu’elle. Elle n’a pas pleuré et est restée les yeux grands ouverts depuis sa sortie, elle tête déjà son pouce, elle est incroyable (dixit sa maman folle d’elle bien-sûr).
L’auxiliaire me la finalement laissé bien plus longtemps que ce qu’elle m’avait annoncé, Lyanna est partie avec son papa à 16h30. Quel bonheur, j’ai pu profiter avec mon Amoureux de ce premier moment à trois. J’étais folle amoureuse.
Thibault est donc allé avec la petite en néonat, et moi je devais attendre 17h, heure à laquelle je pourrais quitter la salle de travail (une fois la péridurale estompée en moi).
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16h50 : La sage femme revient me dit qu’on va enlever tous les cathéters et que je vais pouvoir me r’habiller. Pas mal du tout, tout va bien, elle me donne mes affaires et me dit de ne pas me lever sans qu’elle soit revenue et que j’ai eu l’accord des infirmières. Deux minutes après les infirmières arrivent, super, je leur demande si je peux me lever, elles me disent que oui sans problème si je me sens de me lever. Ni une, ni deux, me voilà debout, j’enfile mes chaussures, je prends mes affaires et là, la sage femme entre et me dit : « mais je vous avais dit de ne pas vous lever », toute confuse, je lui réponds que j’ai demandé l’accord avant, heureusement les infirmières ont confirmées lol.
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Les filles me disent de m’assoir dans le fauteuil roulant pour que je sois ramenée en chambre, je leur dis que c’est tout bon, je vais marcher, elles me regardent les yeux grands ouverts et me disent : « mais non, asseyez-vous, vous venez d’accoucher », je m’exécute car je veux qu’on se dépêche un peu, elle m’emmène devant ma chambre, me demandent ce que je veux faire, évidemment, ma réponse fût sans appel : je veux voir ma fille, je vais en néonat. Elles me poussent du coup jusqu’en néonat soit un vingtaine de mètres (notre chambre était juste à côté), et quelques escaliers à monter (ou ascenseur si je voulais être dans le fauteuil roulant), je saute du fauteuil, je grimpe les escaliers et fonce voir ma fille. Les infirmières me suivent et disent aux Nounous (terme pour définir les filles qui s’occupent des bébés de néo) c’est la maman de Lyanna…
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Elles me regardent toutes, bizarrement genre « Sérieux? », Thibault me voit arriver, et ses yeux sont aussi tout étonnés de me voir déjà là. Ma maman me prend dans ses bras, pleure de joie, pleure dès qu’elle regarde ma fille tellement elle est heureuse. Ce moment… je retrouve mon enfant, séparée d’elle 40 minutes à peine, elle me manquait déjà, est ce possible? Pourtant oui, je me suis assise à côté d’elle et je l’ai contemplé… Mon enfant, ma Lyanna, elle était là, près de moi… Je savais que je l’aimais dès que je l’ai eu en moi, mais je ne connaissais rien à l’amour avant d’avoir accouché… Le mot « amour » a pris tout son sens le 27 décembre 2016…
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Mes ressentis sur la journée

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Je ne sais pas, je n’ai pas eu peur, pas été angoissée, j’ai toujours su être en confiance, je savais que j’avais pris les bonnes décisions et ça s’est confirmé à sa naissance (et encore aujourd’hui). Je savais que j’avais toujours fait tous les choix en fonction de mon enfant à naître, que je la voulais plus que tout au monde et ce jour là, j’allais enfin la découvrir…
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J’ai eu beaucoup de chance aussi car je n’ai pas eu de complications lors de l’accouchement, alors oui, si je devais remettre ça demain, je retombe enceinte quand Dieu le voudra bien.
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Cette journée a changé ma vie, mon mari a été stupéfait de voir la force que je pouvais trouver en moi pour mon enfant, pour la voir, pour être auprès d’elle. Je vous avoue à vous, que j’avais les jambes qui flageolaient, mais rien à faire, je n’ai rien dit, j’ai continué de l’observer dans son petit lit, au début j’ai pas osé la prendre de moi-même car je n’étais pas dans mon environnement, j’étais en néonat, je pensais que je devais attendre qu’on me donne l’accord, je mourrais d’envie de la prendre contre moi, heureusement la nounou n’a pas attendue très longtemps pour le ma donner, mais croyez-moi, attendre leur accord pour prendre mon enfant n’aura été qu’une fois… ^^
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Cette journée a été exceptionnelle, pleine d’émotions, remplie d’amour, pleine d’humours, de moments posés et sereins (bon plus pour moi que pour Thib), j’ai vraiment eu une journée magique. Je savais que la rencontre avec ma fille me rendrait dingue, déjà que quand elle était dans mon ventre, je la trouvais merveilleuse, et je me trouvais ridicule d’être autant gaga de ses mouvements, de son hoquet, de toute les petites bosses qu’elle créait sur mon ventre, mais alors quand je l’ai vu, quand je l’ai regardé, j’ai craqué, trop d’amour en moi, trop d’amour pour elle, ce petit ange que nous avions tant désirés, tant voulu, elle était là, dans mes bras, on était tous les trois, et c’était magique.
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Voilà les filles, le résumé de mon accouchement, si je peux me permettre un conseil, détendez-vous, renseignez-vous au maximum pour connaître toutes les éventualités, ne vous mettez rien en tête et trouvez des avantages à chacun des modes d’accouchements pour ne pas être déçue et mal le vivre. De toute façon, le bébé en nous doit sortir à un moment et par un moyen qu’on en choisira pas. Si j’avais pu décider, j’aurai voulu perdre la poche des eaux à un moment complètement par hasard, vivre l’excitation de me rendre à la clinique avec des contractions et accoucher sous péridurale. Mais je n’ai pas pu choisir, j’ai dû demander à être déclencher et dire au revoir au charme imprévu de l’accouchement, mais je n’avais pas le choix, mon instinct me le disait…
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Ne me demandez pas la taille et le poids de ma princesse, je vous le donnerai en temps voulu, c’est un choix de ma part pour le moment. En revanche, je vais vous retracer, expliquer tout mon séjour à la clinique, les examens, le rythmes de mes journées, les anecdotes d’un séjour en maternité, les nouvelles au quotidien de mon bébé durant ce séjour, ainsi que mon corps, les réactions, l’évolution de mon épisiotomie, etc etc.
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Il arrive prochainement aussi…
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Je fais au max, mais je privilégie ma Douce avec qui je passe 90% de ma journée, c’est un bonheur.
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J’espère que vous aurez un accouchement à votre idée, et qu’au pire vous réussirez à l’accepter tel qu’il viendra. Le principal c’est de donner la vie, pas la façon dont on la donne, keep cool and breath.
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Love.
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